
Réalisatrice, productrice, autrice, activiste, je partage mon temps entre recherche et création. Après, Ouvrir La Voix – mon premier film autoproduit et auto-distribué qui donne la parole à vingt-quatre femmes afro-descendantes francophones – sorti en France, Belgique, Suisse en 2017 et au Canada en 2018 ; elle réalise un second documentaire, Une Histoire à Soi. Ce film d’archives sur l’adoption internationale du point de vue de 5 personnes adoptées, aujourd’hui adultes, sort en salles françaises en 2021, suisses et québécoises en 2022. J’interviens régulièrement comme conférencière à propos de l’afroféminisme, des industries culturelles, de l’intersectionnalité ou de l’adoption. En 2018, je fonde le « Mois des Adopté·es », une série d’événements se déroulant tous les ans au mois de Novembre entre la France, la Suisse, la Belgique et le Québec afin de permettre aux personnes adoptées de se réapproprier la narration. En 2020, je reçois le Prix Ted Little, décerné par le Centre d’Histoire Orale et de Récits Numériques (CHORN) de l’Université Concordia.
En 2021, je publie mon premier ouvrage aux éditions La Découverte (France) et Remue-Ménage (Québec), Une poupée en chocolat, un essai autobiographique sur l’adoption. En 2023, je remporte la bourse « Jean-Marc Vallée » de l’ARRQ pour le développement d’un projet documentaire.
En 2025, Ballroom, ma première série documentaire est diffusée sur la plateforme de France Télévisions, tandis que Vivre, libre, mon deuxième essai autobiographique, qui traite de la suprématie blanche, est publié aux éditions La Découverte. En février 2026, ce second essai parait également aux éditions Remue-Ménage (Québec), tandis que le premier fait l’objet d’une édition italienne, Una bambola di cioccolato qui paraît aux éditions Fandango.
En 2026-2027 je suis pensionnaire de la Villa Médicis à Rome.
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@orpheonegra
Presse
France Culture, Le souffle de la pensée, 21 Novembre 2025.
« « Quand on dit ‘Moi, je ne suis pas blanc, je suis un individu’ ou ‘Moi, je ne vois pas les couleurs’, on perpétue le régime d’oppression raciale, parce qu’un des socles de celui-ci, c’est justement de nier son existence, de dire que ces catégories-là ne sont pas opérantes, qu’elles n’ont pas de sens », dénonce la cinéaste. D’où la nécessité, selon Amandine Gay, de prendre en charge, ensemble, en tant que société, un passé historique que l’Occident rechigne parfois à assumer, et ce, non pour blâmer, mais pour libérer : « On ne résout rien par le silence. Ce qui permet aux oppressions de prospérer et de se perpétuer, c’est précisément le silence. » »
« “Je suis ‘juste’ une Noire traumatisée par la suprématie blanche”, affirme Amandine Gay. Dans ce récit qui mêle sincérité et rage, l’autrice et réalisatrice cherche à comprendre les éléments qui l’ont conduite à enchaîner les épisodes dépressifs entre 2017 et 2022. Nourrie de ses lectures de bell hooks, Audre Lorde ou Charles W. Mills, Amandine Gay identifie les effets de la suprématie blanche sur sa vie, mais aussi sur la société dans son ensemble. Elle invite les personnes blanches à combattre cette suprématie qu’ils et elles ont intériorisée. »
Les Inrocks, Les dix essais féministes qu’on a lu et relu en 2025, 16 Décembre 2025.
« La création n’est pas décorrélée du monde réel : il y a une fiction selon laquelle un ou une artiste serait une entité séparée des conditions matérielles, et c’est faux. Pour écrire il faut avoir le temps d’écrire, il faut avoir un espace pour écrire, il faut avoir une intimité, il faut avoir les moyens de ne pas avoir un job alimentaire. Tous ces enjeux-là sont très importants, et « Une chambre à soi » de Virginia Woolf a été un texte fondateur pour moi. Je savais que si je voulais me lancer dans une carrière artistique il allait falloir développer un esprit très concret, et un rapport très précis au pécunier. »
France Culture, Entendez-vous l’éco, 14 Avril 2022
« L’adoption étant déjà bien peu questionnée, que dire alors de l’adoption transraciale et transnationale ? C’est donc très logiquement que la haute pile de nos idées préconçues a été renversée avec fracas à la lecture de Une poupée en chocolat. Dans la lignée de son film Une histoire à soi, sorti en salles en juin, la cinéaste, sociologue et militante afroféministe Amandine Gay met en lumière dans son essai l’aspect hautement politique de cette démarche trop souvent comparée à un acte de générosité pure, et n’hésite pas à l’inscrire en dur dans les systèmes de domination qui traversent la société. La puissance du texte est démultipliée par son aspect autobiographique, qui sert de fil rouge pour mettre en scène une recherche plus théorique. L’histoire d’Amandine Gay est en effet celle d’une fille noire adoptée par un couple blanc dans la campagne lyonnaise et son récit nous captive, nous révolte souvent, et nous touche au plus profond, notamment dans les dernières pages, bouleversantes. »
Libération, Les douze meilleurs essais de 2021: la sélection de «Libé», 19 Décembre 2021.
« Quand Surya Bonaly refuse le podium en 1994 pour sa médaille d’argent, c’est un moment déterminant pour plein de femmes noires. Elle nous a montré que même en étant meilleure que tout le monde on vit l’injustice, mais qu’on n’a pas à baisser la tête »
France Culture, Boomerang : Les Histoires d’amandine Gay, 17 Juin 2021